CERPHI

Il n’est pas tou­jours facile de débar­ras­ser la vie de Spinoza de toutes les légen­des accu­mu­lées par les bio­gra­phes ou les adver­sai­res. H.G. Hubbeling avait naguère entamé une ana­lyse com­pa­ra­tive des sour­ces, dont on trouve le relevé dans une annexe de sa mono­gra­phie. Il avait alors donné un pri­vi­lège aux sour­ces cano­ni­ques que sont les cinq gran­des bio­gra­phies. Nous croyons faire oeuvre utile en essayant ici une méthode un peu dif­fé­rente : un réper­toire des dates attes­tées, indi­quant autant que pos­si­ble la source de l’attes­ta­tion (y com­pris dans les grands recueils de sour­ces que sont les col­lec­tions de Freudenthal, Vaz Dias, etc., ou cer­tai­nes mono­gra­phies moder­nes). On ne s’étonnera donc pas de l’absence de cer­tains faits pour les­quels nous ne pou­vons for­mu­ler que des data­tions hypo­thé­ti­ques (par exem­ple la rédac­tion des ouvra­ges, en l’absence d’indi­ca­tions de la cor­res­pon­dance). Nous avons également ajouté des dates concer­nant l’envi­ron­ne­ment de Spinoza : poli­ti­que des Pays-Bas, hété­ro­doxie dans la com­mu­nauté juive por­tu­gaise, polé­mi­ques théo­lo­gi­ques.

Piet Steenbakkers a bien voulu relire et amé­lio­rer une pre­mière ver­sion de ce tra­vail. Qu’il en soit remer­cié.

AMSTERDAM : 1632- (1661 ?)

RIJNSBURG : (au plus tard) 1661-1663

VOORBURG : 1663-1669 ou 1671

LA HAYE : 1669 ou 1671 - 1677

AMSTERDAM : 1632- (1661 ?)

1632

24 novem­bre : nais­sance de Bento d’Espinoza, fils de Michael d’Espinoza et de sa deuxième femme Hana Debora ; il a un demi-frère, Isaac et une demi-soeur, Rebecca (ce sont donc les enfants de la pre­mière femme de Michael, Rachel, morte en 1627) ; une soeur plus âgée, Mirjam (née en 1629 ?) et il aura un frère plus jeune : Gabriel. [V]

Naissance d’Adriaan Koerbagh ?

(Menasseh ben Israel : Conciliador ; tra­duc­tion latine de Dinis Vos l’année sui­vante)

1633

nou­veau herem contre Uriel da Costa [?] 15 mai : expul­sion de Van den Enden de la Société de Jésus.

1636

(Menasseh ben Israel : De la résur­rec­tion des morts)

(Polémique entre Isaac Aboab de Fonseca et Mortera sur l’éternité des peines après la mort, à propos des mar­ra­nes)

1638 :

fon­da­tion du col­lège Éts Haim, chargé de l’ensei­gne­ment supé­rieur hébraï­que.

5 novem­bre : mort de la mère de Spinoza [F][V].

1639 :

uni­fi­ca­tion des trois com­mu­nau­tés por­tu­gai­ses d’Amsterdam sous le nom de Talmud Tora ; rédac­tion des asca­mot. Mortera pre­mier haham.

[1639 : Spinoza com­mence à étudier à l’école Talmud tora].

(en tout cas Spinoza n’a pas suivi les clas­ses supé­rieu­res de l’école, où ensei­gnait Mortera : il n’y a donc pas étudié le Talmud [V]).

Rephael de Aguilar : Reposta a certas pro­po­stas contra a tra­di­çao - contre Uriel da Costa.

(Menasseh ben Israel : De ter­mino vitae)

13 novem­bre : céré­mo­nie d’expia­tion d’Abraham Mendez.

Expiation d’Uriel da Costa, si elle eut lieu.

6 juin 1639 : acte nota­rié : Uriel cède ses biens à sa ser­vante Digna da Costa.

1640 :

avril : sui­cide d’Uriel da Costa.

(Moïse Zacuto : Yesod Olam)

1641 :

28 avril : Michael d’Espinoza épouse sa troi­sième femme, Hester [F][V].

(Isaac Aboab part au Brésil pour diri­ger la syna­go­gue por­tu­gaise de Récife - Pernambouc)

(Menasseh ben Israel : Conciliador, 2e partie)

1642

Van den Enden épouse à Anvers Claire-Marie Vermeren (leur fille Claire-Marie naît en 1643 à Anvers, Marguerite Aldegonde fin 1644 ; après l’établissement de la famille à Amsterdam, les jumel­les Anna et Adrienne Clémence sont bap­ti­sées le 27 octo­bre 1648, puis le 6 février 1650 Jacobus et le 12 mars 1651 Marianna).

([b] Hobbes : De Cive. Spinoza a dans sa biblio­thè­que une autre édition : 1647 ).

(Mort de Galilée).

(Menasseh ben Israel : De la fra­gi­li­dad humana y incli­na­cion del hombre al pecado)

(La reine d’Angleterre, accom­pa­gnée par le Prince d’Orange, visite la syna­go­gue)

(Jacob Juda Arieh de Leon : Retrato del Templo de Selemoh [b] Spinoza en pos­sède une ver­sion latine parue en 1650).

1643

(Isaac La Peyrère : Rappel des Juifs)

(fon­da­tion de l’aca­dé­mie "Coroa da lei", Keter Torah, animée par Mortera)

1644

25 juillet : sup­plice de Lope de Vera y Alarcon [cf L.76 à Albert Burgh].

(Descartes : Principia Philosophiae)

1644-5

(séjour à Amsterdam d’Antonio Montezinos, dont les récits mes­sia­ni­ques ins­pi­re­ront Menasseh ben Israel et des pro­tes­tants anglais comme John Dury)

(Mortera : Gibat Saul - 50 résu­més en hébreu de ser­mons por­tu­gais)

(Mort de Grotius)

1646

(Premier séjour du P. Antonio Vieira aux Pays-Bas)

(Réponse iné­dite de Mortera au cha­pi­tre anti-tal­mu­di­que de la Bibliotheca Sancta de Sixte de Sienne)

1647

([b] Grotius : De Imperio sum­ma­rum potes­ta­tum circa sacra)

1648

(Traité de Westphalie. Paix de Münster avec l’Espagne ; décla­ra­tion d’indé­pen­dance des sept pro­vin­ces néer­lan­dai­ses)

(Second séjour du P. Antonio Vieira aux Pays-Bas)

1649

24 sep­tem­bre : mort d’Isaac (demi-frère de B.) [F][V].

([b] Descartes : Geometria ; tra­duc­tion et com­men­taire F. a Schooten)

(Descartes quitte les Pays-Bas pour se rendre à Stockholm)

1650

2 juin : mariage de Myriam (qui a 21 ans) avec Samuel de Caseres [F][V].

(Violent conflit entre répu­bli­cains et oran­gis­tes. Guillaume II [d’Orange] empri­sonne plu­sieurs mem­bres des Etats et tente d’occu­per Amsterdam ; il échoue et meurt peu après ; sa charge est abolie)

(1650-52 : Van den Enden tient une librai­rie qui péri­clite).

([b] Menasseh ben Israel : Espérance d’Israel)

(Mort de Descartes)

([b] Descartes : Opera phi­lo­so­phica : I Principia phi­lo­so­phiae ; II Specimina phi­lo­so­phiae ; III Passiones Animae).

1651

6 sep­tem­bre : Miryam (soeur de B.) meurt en don­nant nais­sance à son fils Daniel [F][V]. Samuel de Caseres se rema­riera avec Rebecca, demi-soeur de Bento et Myriam [HPS].

[[d] der­nière année où le nom de Spinoza appa­raît dans les regis­tres de l’école] Il n’y appa­raît pas [V].

1652

(Première guerre anglo-néer­lan­daise)

Van den Enden ouvre son école latine à Amsterdam.

[[d] B com­men­ce­rait à fré­quen­ter "dès 1652" l’école latine de Van den Enden].

1653

(J. de Witt devient Grand Pensionnaire)

24 octo­bre mort d’Hester [V].

1654

(Reconquête du Brésil par les Portugais)

28 mars : mort de Michael d’Espinosa [V].

début 1654 : Van den Enden met en scène une série de tableaux vivants extraits de l’Enéide (dans la tra­duc­tion de Vondel) dans la maison du maire, Cornelis van Vlooswijck.

sep­tem­bre (= Tisri 5415) : pre­mière contri­bu­tion finan­cière de Spinoza men­tion­née dans le jour­nal du Gabay [V] .

(L. Meyer publie la 2e édition du Dictionnaire néer­lan­dais de Hofman ; il se fait ins­crire en sep­tem­bre à l’Université de Leyde)

1655

[Spinoza se serait lié fin 1654 ou début 1655 avec les ana­bap­tis­tes de Galenus Abrahmsz de Haan ].

février (= Nisan 5415) : deuxième men­tion de Spinoza au jour­nal du Gabay [V].

avril-mai : affaire Alvarez [V].

sep­tem­bre : (= Tisri 5416) : troi­sième men­tion de Spinoza au jour­nal du Gabay [V].

5 décem­bre (sabat de Hanucca) : Spinoza doit 6 "placas".

([b] La Peyrère : Praeadamitae sive exer­ci­ta­tio…)

(départ de Menasseh ben Israel pour l’Angleterre : il réus­sit à convain­cre Cromwell d’auto­ri­ser le retour des Juifs ; Jacob Sasportas sera un temps rabbin à Londres)

(A Cordoue, mar­tyre d’Abraham Nunez Bernal ; la com­mu­nauté d’Amsterdam publie un volume d’Eloges à sa mémoire - auquel par­ti­cipe Daniel de Ribera)

(publi­ca­tion en hébreu des ouvra­ges d’Abraham Cohen Herrera)

(L. Meyer tra­duit la Medulla Theologica de Guilielmus Amesius : W. Amezes mergh der ghodt­ghe­leerd­theidt).

A la fin de l’année, arri­vée de Juan de Prado à Amsterdam.

1656

(Abraham Pereyra fonde la yeshi­vah Tora Or).

(A la suite de la reconquête du Brésil par les Portugais, reflux à Amsterdam des juifs du Brésil)

Van den Enden fait repré­sen­ter le Philedonius chez van Vlooswijck.

février (Nisan 5416) : qua­trième men­tion de Spinoza au jour­nal du Gabay [V] C’est la der­nière.

23 mars : lettre du tuteur de Bento au Tribunal de Hollande (héri­tage) [V].

27 juillet : herem.

[1656-58 : B. fré­quente l’école de Van den Enden].

1657

lettre de William Ames à Margaret Fell, avril : "There is a Jew at Amsterdam that by the Jews is cast out".

13 et 27 jan­vier : Van den Enden fait repré­sen­ter le Philedonius au théâ­tre d’Amsterdam. Publication de la pièce par le libraire De Bruin.

16 jan­vier 1657 : il donne avec ses élèves une repré­sen­ta­tion publi­que de l’Andrienne de Térence.

(retour de Menasseh ben Israel aux Provinces-unies ; il meurt le 20 novem­bre à Middelburg)

(le rabbin Nathan Shapira, de Jérusalem, arrive à Amsterdam ; il se lie avec Serrarius).

1658

jan­vier : enquête dans la com­mu­nauté por­tu­gaise contre Prado et Ribera, dénon­cés par plu­sieurs témoins pour leurs propos héré­ti­ques. 4 février : Herem contre Prado ; Ribera s’enfuit à Bruxelles.

17 mai : Bouwmeester doc­teur en méde­cine avec une thèse De Pleuritide.

21 et 22 mai : Van den Enden donne avec ses élèves une repré­sen­ta­tion publi­que de l’Eunuque de Térence et une farce en grec.

1659

jan­vier : deux Espagnols, Fr. Tomas Solano et le capi­taine Perez de Maltranilla ren­contrent à Amsterdam Spinoza et Juan de Prado ; ils décla­rent : Dieu n’existe que phi­lo­so­phi­que­ment par­lant ; l’âme meurt avec le corps ; la loi juive est fausse et ils recher­chent quelle est la meilleure pour la pro­fes­ser.

26 novem­bre : Meyer défend une Disputatio sur le chyle sous la direc­tion de F. Deleboe Sylvius.

([b] Descartes : Proeven der Wysbegeerte, tra­duc­tion Glazemaker)

(Mortera rédige le Tratado da Verdade da Lei de Moisés)

Koerbagh doc­teur en méde­cine : Disputatio De phtisi (sous la direc­tion de F. Deleboe Sylvius (Leyde).

1660

19 mars : thèse de phi­lo­so­phie de L. Meyer : Disputatio phi­lo­so­phica inau­gu­ra­lis de mate­ria, ejus­que affec­tio­ni­bus motu et quiete.

20 mars : thèse de méde­cine de L. Meyer sous la direc­tion de F. Deleboe Sylvius : De calido nativo ejus­que morbis.

30 mars : A. Paets (régent de Rotterdam) envoie à A. Poelenburg (pro­fes­seur de théo­lo­gie au sémi­naire remons­trant d’Amsterdam) un "libel­lus" ano­nyme inti­tulé Tractatus theo­lo­gico-poli­ti­cus, qui traite de la dif­fé­rence entre loi posi­tive et loi natu­relle.

(Prado se retire à Anvers, ter­ri­toire espa­gnol. Mort de Saul Levi Mortera. Son orai­son funè­bre est pro­non­cée par Samuel de Caceres, qui meurt lui-même la même année, à l’âge de 32 ans)

1661

17 mai : Spinoza semble encore à Amsterdam, d’après Borch.

( [b] Descartes : Brieven, tra­duc­tion Glazemaker)

RIJNSBURG : (au plus tard) 1661-1663

Rijnsburg est près de Leyde. C’est là que s’est trans­porté le centre des Collégiants, fondé en 1629 à Warmond par les frères van der Kodde.

1661

juillet : Spinoza reçoit la visite de Oldenburg : ils par­lent de Dieu, des attri­buts, de Descartes et de Bacon [L.1].

août-sep­tem­bre : cor­res­pon­dance avec Oldenburg sur les mêmes sujets [=L.1 à 4].

10 et 24 sep­tem­bre : 2 men­tions dans le jour­nal de Borch.

octo­bre : Oldenburg lui envoie un ouvrage de Boyle ; Spinoza répond par des Observations [=L. 5 et 6].

Dans la lettre 7 (sans date), Oldenburg veut que Spinoza publie ses "écrits sur la phi­lo­so­phie et la théo­lo­gie".

Koerbagh doc­teur en droit : Disputatio De Querela inof­fi­ciosi tes­ta­menti et legi­tima (Leyde).

1662

3 et 4 avril : men­tions de van den Enden et d’un écrit ano­nyme en néer­lan­dais [KV ?] dans le jour­nal de Borch.

Peter Balling : Het Licht op den Kandelaar.

(Isaac Orobio de Castro arrive à Amsterdam)

(Van den Enden : Kort Verhael van Nieuw-Nederlants)

1663

Casearius demeure sous son toit (cf allu­sion dans la L.8) ; il lui dicte la 2e partie des Principia.

24 février : les amis de Spinoza à Amsterdam, réunis en col­lège, lisent une rédac­tion more geo­me­trico [L.8]. Peter Balling leur a remis des écrits de Spinoza. De Vries a dis­cuté avec Spinoza à La Haye (il y a assez long­temps, semble-t-il).

avril-juillet : nou­velle dis­cus­sion de chimie avec Oldenburg ; le 4 août, Oldenburg envoie un nou­veau livre de Boyle.

11 jan­vier, 26 mars : deux let­tres per­dues de Meyer qui inter­roge Spinoza sur l’infini. Réponse le 20 avril.

C’est Serrarius qui assure la liai­son entre Spinoza et Oldenburg de 1663 à 1665.

VOORBURG : 1663-1669 ou 1671

Voorburg est près de La Haye ; c’est là qu’habi­tent Christian Huyghens (au "Hofwijck" : Vitaulium), Saint-Evremond, Saint-Glain. Spinoza s’y ins­talle "pro­ba­ble­ment fin avril 1663".

1663

été : pré­pa­ra­tion de l’édition des Principia. Cf deux let­tres à Meyer [12A : 26 juillet et 15 : 3 août] et une à Oldenburg [L.13 : 17/27 juillet].

Fin été ou automne : paru­tion des Principia suivis des Cogitata Metaphysica, avec un poème dédi­ca­toire signé IMBD (Bouwmeester ?).

P. Balling : Verdediging van de Regering der Doopsgezinde Gemeente (prend posi­tion sur les conflits chez les ana­bap­tis­tes).

[Spinoza ren­contre De Witt qui lui offre une pen­sion annuelle de 200 flo­rins].

(Le bruit court à Amsterdam que Prado va reve­nir sur ses erreurs. Orobio : Epître invec­tive contre Prado)

(Blyenbergh : De ken­nisse Godts en Godts- Dienst, beweert tegen d’Uytvluchten der Atheïsten…)

(Les Etats de Hollande ins­ti­tuent une for­mule de prière où ils sont qua­li­fiés de "sou­ve­rains" et où le nom de Guillaume d’Orange n’appa­raît plus ; beau­coup de pas­teurs oran­gis­tes s’oppo­sent à J. de Witt à cause de cette prière publi­que).

1664

paru­tion de la tra­duc­tion néer­lan­daise des Principia : Renatus Des cartes Beginzelen der Wysbegeerte, tra­duc­tion par P.B. (Peter Balling), avec un poème dédi­ca­toire signé H. v. Bronchorst. Spinoza y a tra­vaillé puisqu’il dira à Blyenbergh qu’il n’y a plus touché "depuis la tra­duc­tion néer­lan­daise".

26 juin : lettre perdue de Balling ; et 20 juillet : réponse de Spinoza sur la mort du fils de Balling.

12 décem­bre : début de la cor­res­pon­dance avec Blyenbergh.

Fin décem­bre : Spinoza est à Schiedam pour un mois encore ; puis il doit retour­ner à Voorburg chez Daniel Tydeman.

P. Balling : Nader Verdediging.

Adriaan Koerbagh publie un dic­tion­naire du Droit : ’t Nieuw Woordenboek der Regten.

(Orobio : Lettre apo­lo­gé­ti­que… au Docteur Prado)

([b] Descartes : de Homine figu­ris, tra­duc­tion F. Schuyl)

(Van den Enden met en scène la Médée de L. Meyer. Sa fille Adrienne, âgée de 15 ans, joue le rôle de Médée, sa fille Marie Anne, âgée de 13 ans, joue le rôle de Créüse. Rembrandt puise dans la repré­sen­ta­tion l’idée de sa Lucrèce)

1665

(mars : seconde guerre anglo-néer­lan­daise, qui se ter­mine en 1667 par la paix de Breda)

13 mars : Spinoza se pro­pose d’aller à Amsterdam.

21 mars : visite de Blyenbergh. Après la dis­cus­sion, celui-ci met par écrit ce qu’il en a retenu, puis écrit à Spinoza pour sol­li­ci­ter un nouvel entre­tien. Spinoza refuse le 3 juin.

Fin mars, avril : Spinoza est à Amsterdam.

juin : Spinoza com­mu­ni­que à Bouwmeester la IIIe partie de la Philosophie ; si Bouwmeester veut la tra­duire, il peut lui donner jusqu’à la prop.80.

4 sep­tem­bre : Spinoza rédige un petit traité sur "anges, pro­phé­ties, mira­cles" [L.29, d’ Oldenburg], "un traité sur ma façon d’enten­dre l’Ecriture" [L. 30]. [Il inter­rompt donc la rédac­tion de la Philosophie].

10 octo­bre : lettre d’Oldenburg à Boyle : "A cer­tain odd phi­lo­so­pher… signior Spinosa".

Un pam­phlet dirigé contre Balling l’accuse d’être le meilleur dis­ci­ple de Spinoza.

Une péti­tion des "prin­ci­paux habi­tants de Voorburg" marque leur hos­ti­lité "à Rottenveel et à ses com­pli­ces" et au pro­po­sant zélan­dais Van de Wille, en faveur duquel Daniel Tydeman et d’autres ont déjà porté une requête au gou­ver­ne­ment de la ville de Delft. "Le dénommé Daniel Tydeman, dans la maison qu’il loue, abrite un cer­tain A… Spinoza, né de parents juifs, dont on dit qu’il est athée et raille toutes les reli­gions, et donc un élément dom­ma­gea­ble à cette République" ; c’est lui qui aurait rédigé la requête de Tydeman [F, p.116-119].

(Van den Enden publie ano­ny­me­ment les Vrye Politijcke Stellingen et repu­blie son écrit de 1662 sous un nou­veau titre : Zeekere Vrye Voorslagen en Versoeken…)

(14 février : Pieter de Groot, pen­sion­naire d’Amsterdam, fils de Hugo de Groot, recom­mande Van den Enden à J. de Witt ; fin février et mars : Van den Enden adresse deux let­tres à Jean De Witt, sur son inven­tion pour la guerre contre les Anglais)

(L. Antistius Constans : De Jure Ecclesisticorum liber sin­gu­la­ris).

(Miguel de Barrios : La Flor de Apolo, Bruxelles. Commence par un sonnet de Prado adressé à l’auteur, et contient un poème de Barrios contre Prado)

(A Gaza, Sabataï Zvi se pro­clame le Messie ; il abjure l’année sui­vante)

(mars : Oldenburg com­mence à publier les Philosophical Transactions of the Royal Society, men­suel­le­ment en anglais, tri­mes­triel­le­ment en latin).

Meyer devient direc­teur du Théâtre d’Amsterdam (il le reste jusqu’en 1669).

1666

allu­sion à Spinoza à la fin de la PSSI de L. Meyer ?

(10 juin : Le pas­teur Leupen informe le consis­toire de sa dis­cus­sion avec les frères Koerbagh ; il en résulte une sus­pen­sion pro­vi­soire du droit de prê­cher pour Adriaan et une com­pa­ru­tion devant le consis­toire).

1er octo­bre : lettre de Spinoza à Jan van der Meer, sur le calcul des chan­ces.

(Christian Huyghens est invité à Paris par Colbert pour diri­ger les tra­vaux de la nou­velle Académie des scien­ces. Il y res­tera jusqu’en sep­tem­bre 1681. Mais il sera aux Pays-Bas de sep­tem­bre 70 à juin 71 et d’avril 76 à juin 78)

(Abraham Pereyra : La Certeza del Camino)

(les mem­bres de la yeshi­vah Talmud Tora, dont Moses Rephael d’Aguilar, envoient une lettre à Sabbataï Zvi)

(Blyenbergh : Sociniaensche Ziel onder een Mennonitisch Kleedt… contre E.D. Cornelius Gentman, pré­di­cant à Utrecht, qu’il accuse d’être un soci­nien masqué).

1667

JP Beelthouwer se réfère au "très savant Spinoza" pour établir que les livres pro­phé­ti­ques sont restés inal­té­rés depuis Esdras [F, p.190].

19 juin : nou­velle dénon­cia­tion de Johannes Koerbagh devant le consis­toire d’Amsterdam ; en décem­bre il est accusé de par­ti­ci­per aux réu­nions du Rokin, et notam­ment à celles où il a été déclaré que le Christ n’est pas un dieu mais a seu­le­ment un esprit reli­gieux excep­tion­nel.

26 sep­tem­bre : mort de Simon de Vries. Son frère assure à Spinoza une rente de 300 flo­rins.

sep­tem­bre-décem­bre : cor­res­pon­dance entre les frères Huyghens au sujet des len­tilles de Spinoza (réfé­rence à Hudde).

(début 1667 : lettre de Van den Enden à J. de Witt sur son inven­tion)

(De phi­lo­so­phie d’uyt­leghs­ter der H. Schrifture, sans doute tra­duit par Meyer lui-même).

(Daniel Levi de Barrios : Contra la verdad no hay fuerça - pièce en trois actes dédiée à la mémoire de mar­tyrs brûlés par l’Inquisition de Cordoue)

(22 juin : Prado adresse une lettre aux Inquisiteurs espa­gnols pour sol­li­ci­ter sa réconci­lia­tion sans empri­son­ne­ment ni confis­ca­tion ; il meurt après 1669)

(Cosme III, Grand Duc de Toscane, visite le cabi­net d’ana­to­mie de Kerckrinck)

(Serrarius : Antwoort op een Wonderspreuckigh Tractaet eenes onbe­naem­den Discipels van Renatus Descartes, Amsterdam)

1668

5 jan­vier : convo­ca­tion de Johannes Koerbagh devant le consis­toire ; Cite 1 Cor 14 pour jus­ti­fier les réu­nions du Rokin ; il conteste au consis­toire le droit de véri­fier son ortho­doxie.

Dehénault visite Spinoza entre le 2 mai 1668 et le 14 avril 1669.

jan­vier ou février : Adriaan Koerbagh : Bloemhof van aller­ley lie­flij­kheyd…. Le consis­toire cal­vi­niste d’Amsterdam en exige la saisie (23-24 février) et l’obtient du Magistrat, cepen­dant peu empressé pour d’autres pour­sui­tes ; l’auteur s’enfuit de la ville et se cache à Culemborg.

1er mars : Johannes Koerbagh paraît devant le consis­toire ; ses posi­tions se sont radi­ca­li­sées. Discussions de mars à mai.

12 mars : lettre de Limborch à Grasswinckel décri­vant l’expia­tion d’Uriel da Costa (non son sui­cide) [ SC annexe II].

6 avril et 11 mai : let­tres de Chr. Huyghens à son frère sur les objec­tifs de Spinoza et "les gran­des ouver­tu­res qu’il avait concer­tées avec M. Hudde".

Adriaan Koerbagh rédige son der­nier livre, Een Ligt Schijnende in Duystere Plaatsen…, qu’il donne à l’impri­meur d’Utrecht Van Eeden ; les épreuves sont relues par Berckel et Johannes Koerbagh ; l’impri­meur le dénonce au bailli d’Utrecht qui pré­vient celui d’Amsterdam ; Johannes Koerbagh est arrêté le 10 mai ; dénoncé, Adriaan Koerbagh est arrêté à son tour à Leyden, ramené à Amsterdam le 19 juillet ; on l’inter­roge sur ses liens avec son frère, Berckel, Spinoza, Van den Enden, Jan Knol ; condamné le 27 juillet à dix ans de prison, enfermé le 29 juillet à la prison d’Amsterdam sur le Heiligenweg, puis au Willige Rasphuis le 19 sep­tem­bre.

Entre-temps Beelthouwer a rédigé une réfu­ta­tion du Bloemhof, qu’il soumet au bourg­mes­tre Valckenier et à l’échevin Bontemantel. On lui enjoint de la garder par devers lui, ce qu’il promet le 24 juillet.

Johannes Koerbagh est libéré grâce à Bontemantel. Le consis­toire conti­nue la dis­cus­sion avec lui et main­tient l’inter­dic­tion du droit de prê­cher. Novembre : il fré­quente les remon­trants "et d’autres conven­ti­cu­les héré­ti­ques".

([b] L. Wolzogen : De Scripturarum Interprete adver­sus exer­ci­ta­to­rem para­doxum libri duo)

(20 juin-26 août : Oldenburg est enfermé à la Tour de Londres sur l’ordre du minis­tre Arlington : il est soup­çonné d’avoir com­mu­ni­qué des infor­ma­tions à un cor­res­pon­dant fran­çais).

([b] Sandius : Nucleus Historiae Ecclesiasticae - ouvrage d’ins­pi­ra­tion soci­nienne ; Spinoza a aussi l’édition de 1676).

1669

le 5 sep­tem­bre, Spinoza est encore à Voorburg [L. à Jelles]

15 octo­bre : mort d’Adriaan Koerbagh en prison (au Willige Rasphuis).

Fin 1669 ou début 1670 : visite de Saint-Evremond.

(R. Vogelsang : Contra libel­lum cui titu­lus PSSI exer­ci­ta­tio para­doxa, indi­gna­tio justa)

LA HAYE : 1669 ou 1671 - 1677

Entre 1669 (5 sep­tem­bre) et 1671 (17 février) : s’ins­talle à La Haye. Il habite d’abord chez la veuve Van Velen ou Van de Werve, au Stille Veerkade.

1670

TTP, Ire édition in-quarto [avril ?]

8 mai : dis­ser­ta­tion de J. Thomasius. P.514 : la pre­mière partie du TTP s’ins­pire de Edouard Herbert, la seconde de Hobbes ; en outre il doit quel­que chose aux Préadamites de La Peyrère. [F, p.192].

28 juin : lettre de Fredericus Miegius (Heidelberg) à Samuel Andreae (Herborn) : j’ai appris qu’un juif nommé Spinoza, de qui je pos­sède la Philosophie car­té­sienne expli­quée de façon géo­mé­tri­que, a publié un livre de liber­tate phi­lo­so­phandi. [F193].

août 1670 : Johann Melchior, pas­teur à Frech, près de Bonn, achève une réfu­ta­tion du TTP qui sera publiée ano­ny­me­ment en 1671 et sous son nom en 1672. Il y nomme l’auteur : Xinospa. [SC 387-8 et 410-11 ; F 192-3].

Dans son Spicilegium ana­to­mi­cum, Kerckrinck vante la qua­lité des len­tilles fabri­quées par Spinoza, dont il s’est servi.

(Douvres : traité secret entre France et Angleterre pré­voyant l’atta­que simul­ta­née et le par­tage des Pays-Bas)

1671

(Abraham Pereyra : Espejo de la vani­dad del Mundo)

11 jan­vier : Johannes Koerbagh inter­vient sur la divi­nité du Christ à l’assem­blée du Rokin. Le consis­toire ne par­vient pas à obte­nir des bourg­mes­tres des mesu­res contre lui.

15 février : mariage civil et catho­li­que de Claire Marie Van den Enden avec le dr Théodore Kerckrinck.

17 février : Spinoza écrit à Jelles pour empê­cher la publi­ca­tion d’une tra­duc­tion néer­lan­daise du TTP (par Glazemaker). Elle sera publiée en 1693 (De Rechtzinnige Theologant).

12 avril : Graevius (pro­fes­seur d’éloquence à Utrecht, qui connaît Spinoza cf L.49) écrit à Leibniz pour dénon­cer Spinoza comme auteur du TTP et pro­pose de lui envoyer l’ouvrage [F193].

5 mai : Leibniz a lu l’ouvrage.

début mai : Spinoza s’ins­talle chez le pein­tre (qui est aussi sol­li­ci­teur-mili­taire) Van der Spyck.

13 sep­tem­bre : lettre de Limborch à Velthuysen : je suis d’accord avec toi, le TTP ensei­gne le pur athéisme ; les argu­ments de la lettre où il se défend sont indi­gnes d’être réfu­tés [SC annexe VII].

5 octo­bre : lettre de Leibniz à Spinoza ;13 octo­bre : Leibniz achète un exem­plaire du TTP ; réponse (9 novem­bre) de Spinoza.

21 octo­bre : Spinoza paraît comme témoin dans un acte nota­rié.

[1671 ou 1672 : la prin­cesse Elisabeth fait connaî­tre le TTP à Yvon et lui demande de le réfu­ter ].

1672

21 jan­vier, 27 février : Leibniz dénonce le TTP à Thomasius, à Spitzel et au grand Arnauld.

TTP, 2e édition in-quarto (dont une des varian­tes est faus­se­ment datée 1670).

11 sep­tem­bre : enter­re­ment de Johannes Koerbagh.

Un pam­phlet contre Jean de Witt l’accuse de pos­sé­der le TTP dans sa biblio­thè­que [F194].

Van den Enden est à Paris ; il fond une nou­velle école, l’"Hôtel des Muses". Il se rema­rie avec la veuve Catherine Medaens, de Louvain [d] il aurait été nommé conseiller et méde­cin privé de Louis XIV.

(Avril : l’Angleterre et la France décla­rent la guerre aux Pays-Bas ; la flotte de débar­que­ment anglaise est refou­lée, mais l’armée fran­çaise, qui avance le long du Rhin, occupe la moitié du ter­ri­toire ; 20 août : Assassinat des frères de Witt ; chute du parti des régents ; Guillaume III d’Orange capi­taine géné­ral)

(Barrios : Coro de las Musas - contient plu­sieurs pièces contre Prado)

(Bouwmeester publie chez J. Rieuwertsz la tra­duc­tion de La vie de Hai Ebn Yokhdan, d’après la tra­duc­tion latine de Pocock).

1673

(Guillaume III réus­sit à couper le ravi­taille­ment de l’armée fran­çaise ; celle-ci se replie)

(Une pièce de Lucas aupa­ra­vant repré­sen­tée par Molière, est impri­mée à Amsterdam).

4 novem­bre : poème de Meyer pour l’anni­ver­saire de Bouwmeester, où il l’appelle son "meilleur et plus fidèle ami".

1er février : Spinoza signe comme témoin un acte nota­rié concer­nant Fullana.

16 février : Fabricius l’invite à ensei­gner la phi­lo­so­phie à l’Université de Heidelberg ; 30 mars : Spinoza refuse.

Jarig Jelles envoie à Spinoza sa pro­fes­sion de foi. 19 avril : Spinoza répond : "J’ai lu avec plai­sir l’écrit que vous m’avez envoyé et l’ai trouvé tel que je n’ai rien à y chan­ger".

Stouppe : La Religion des Hollandois (let­tres datées d’Utrecht, du 4 au 19 mai 1673) : "Ce Spinoza vit dans le pays… ses sec­ta­teurs n’osent pas se décou­vrir, parce que son livre ren­verse abso­lu­ment les fon­de­ments de toutes les reli­gions et qu’il a été condamné par un décret public des Etats et qu’on a défendu de le vendre, bien qu’on ne laisse pas de le vendre publi­que­ment".

27 juillet : Spinoza vient, de La Haye, à Utrecht, sur l’invi­ta­tion de Stouppe, au camp de Condé, qui est absent depuis le 15.

TTP édition in-octavo, avec la PSSI de L. Meyer, sous trois faux titres dif­fé­rents : Villacorta…opera chi­rur­gica ; Danielis Heinsii operum his­to­ri­co­rum col­lec­tio ; Totius medi­ci­nae idea nova seu Francisci de le Boe Sylvii opera omnia.

[Début de l’année : Spinoza demande à Magalotti de lui obte­nir du grand duc de Toscane la pos­si­bi­lité de trou­ver asile à Livourne].

1674

19 juillet : Les Cours de Hollande condam­nent simul­ta­né­ment le TTP, la PSSI, le Léviathan.

21 avril : accord entre le Stadhouder Guillaume III et Sardan, pré­voyant un débar­que­ment hol­lan­dais en Bretagne et une révolte en Provence ; le débar­que­ment prévu le 18 juin échoue ; 23 juin : accord entre Sardan et le roi d’Espagne : les pro­vin­ces révol­tées for­me­ront une répu­bli­que sous la pro­tec­tion de l’Espagne. Participent au projet : les ambas­sa­des espa­gno­les et néer­lan­dai­ses à Anvers et Bruxelles, Louis de Rohan en Bretagne ; Van Beuninghen, pro­tec­teur de Spinoza, ambas­sa­deur à Paris, est au cou­rant.

Fin juin : cons­pi­ra­tion dans la maison de Van den Enden ; Kerckrinck y apporte, d’Anvers, un mes­sage pour Rohan. 31 août : Van den Enden se rend à Bruxelles pour négo­cier avec le gou­ver­neur espa­gnol le débar­que­ment des Hollandais en Bretagne ; pen­dant son absence, Du Cause de Nazelles trahit, Rohan est arrêté ; quand Van den Enden revient, sa fille Marguerite le pré­vient, il tente de s’enfuir mais il est arrêté le 26 sep­tem­bre ; mis à la Bastille, il est condamné et pendu le 27 novem­bre ; il a refusé la confes­sion ; il était à Paris depuis plus de trois ans. Leibniz y avait fait sa connais­sance.

20 novem­bre : lettre de Paris de la duchesse Sophie de Hanovre à son frère, le prince Karl Ludwig du Palatinat. Ancienne élève de Van den Enden, elle avait voulu lui rendre visite.

Musaeus : TTP ad veri­ta­tis lumen exa­mi­na­tus, Iéna : l’auteur se nomme Benedictus Spinosa, il est Juif mais apo­su­na­gô­gos, le livre est sans doute paru à Amsterdam et non à Hambourg [F 199].

1675

(inau­gu­ra­tion de la nou­velle syna­go­gue d’Amsterdam)

Lettre de Sténon : "Ad novae phi­lo­so­phiae refor­ma­to­rem epis­tola".

16 août : lettre de Theodor Rijckius, de La Haye à son ami Adriaan Blyenburg : "Chez nous cir­cule le bruit que l’auteur du TTP a sous la main un livre sur Dieu et sur l’esprit (de Deo et Mente) encore bien plus dan­ge­reux que le pré­cé­dent" ; il demande à Blyenburg et à ceux qui s’occu­pent avec lui des affai­res publi­ques, d’en empê­cher la publi­ca­tion [F200].

sep­tem­bre : Tschirnhaus arrive, d’Angleterre, en France, auprès de Huyghens. Leibniz fait sa connais­sance et veut obte­nir l’Ethique.

novem­bre : Huyghens a reçu de Spinoza le TTP "très appré­cié de beau­coup de gens en France" [L.70, Schuller, 14 novem­bre].

18 novem­bre : Spinoza refuse que l’Ethique soit com­mu­ni­quée à Leibniz.

Jean Brun : La véri­ta­ble reli­gion des Hollandois.

1676

([b] Sandius : Nucleus Historiae Ecclesiasticae, nou­velle édition).

5 février : lettre de P. Baert à Huyghens : "j’ai entendu dire beau­coup de bien de vos talents en phi­lo­so­phie et en mathé­ma­ti­ques par Hudde, Spinoza et le dr Volder, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie à Leyde" [F200-201] .

25 juillet : Spinoza offre à Jacobus Statius Klefmannus un exem­plaire de l’editio prin­ceps de 1670 du TTP, avec des anno­ta­tions manus­cri­tes.

Note dans les papiers de Leibniz : "Mons. Tschirnhaus m’a conté beau­coup de choses du livre ms de Spinosa. Il y a un mar­chand à Amsterdam, Gilles Gerrit puto, qui entre­tient Spinosa. Le livre de Spinosa sera de Deo, mente, bea­ti­tu­dine seu per­fecti homi­nis idea, de Medicina mentis, de Medicina cor­po­ris etc." [F 201].

octo­bre : sur le chemin du retour de Paris à Hanovre, Leibniz ren­contre Spinoza à La Haye et lui pro­pose par écrit des objec­tions.

Limborch à Jean Le Clerc : "Il m’en sou­vient, il y a six ans, je fus invité à un repas auquel contre mon attente, cet auteur pre­nait part : pen­dant la prière il fai­sait montre de son esprit irré­li­gieux à l’aide de gestes par les­quels il sem­blait vou­loir nous convain­cre de stu­pi­dité, nous qui prions Dieu" [SC annexe X].

1677

6 février : lettre de Schuller à Leibniz : "Je crains que M. Benedictus de Spinoza ne nous quitte d’ici peu de temps, car la phti­sie, mala­die héré­di­taire dans sa famille, semble empi­rer de jour en jour" [F202 ; Stein p. 285].

A la veille de sa mort, Spinoza a chargé Van der Spyck de trans­met­tre ses papiers à Rieuwertsz.

21 février : mort de Spinoza.

22 février : lettre d’Oldenburg à Leibniz : je ne puis devi­ner pour­quoi tu n’as pas donné mes let­tres à Spinoza.

26 (16)février : Schuller à Leibniz : Rieuwertsz a reçu les papiers de Spinoza par l’inter­mé­diaire du bate­lier d’Amsterdam [F 202].

29 mars : Schuller pro­pose à Leibniz d’ache­ter l’auto­gra­phe de l’Ethique pour le compte de son prince.

31 mars : Joh. Chr. Sturm : Dissertatio de Cartesianis, p.13-14 : Spinoza pla­çait dans sa biblio­thè­que le Coran, le Talmud et la Bible au même endroit.

6 mai 1677 : acte nota­rié concer­nant l’héri­tage (Daniel Carceris, fils de Miriam Espinosa, et Rebecca Spinoza).

27/17 juillet : Schuller à Leibniz : les oeu­vres de Spinoza ont été don­nées à l’impri­meur ; elles vont paraî­tre à la fois en latin et en néer­lan­dais [F 205].

30 sep­tem­bre : Rebecca renonce par acte nota­rié à l’héri­tage de son frère.

4 novem­bre : vente du mobi­lier.

5 novem­bre/26 octo­bre : Schuller à Leibniz : les oeu­vres de Spinoza sont impri­mées ; il ne reste plus à faire que l’index [F 205].

13/3 novem­bre : Schuller trans­met à Leibniz une fiche (titres de livres rares) trou­vée dans les affai­res de Spinoza [F 205 Stein 289 sq].

B. D. S. Opera Posthuma (mises en vente en fait début 1678).

De Nagelate Schriften.

(Meyer et Bouwmeester sont mêlés au "dok­to­rent­wist" qui agite Amsterdam ).

De Koeckoecz-zangh, publié contre Nil Volentibus Arduum à cette occa­sion, accuse nom­mé­ment Bouwmeester d’être athée et d’être en pos­ses­sion d’écrits secrets de Van den Enden.

1678

24 jan­vier : J.G. Graevius : "un livre maudit vient de paraî­tre, la doc­trine morale et sur l’âme de Spinoza, avec ses autres écrits pos­thu­mes" [F 201-2].

25/15 jan­vier et 6 février : Schuller à Leibniz : il lui envoie les OP ; s’excuse d’avoir laissé passer une lettre avec le nom de Leibniz, mais elle ne parle que de mathé­ma­ti­ques.

20 février : lettre de Limborch à Hartsoeker, pas­teur remon­trant : "Que pense M. Paetius du livre de Spinoza ? j’ai le même sen­ti­ment que toi sur Ethique I ; sa doc­trine est l’athéisme" [SC annexe VIII, F206].

29/19 mars : Schuller à Leibniz : clef des noms : De Vries, van der Meer, Jelles, Osten, Buxen (Boxel).

10 avril : Tschirnhaus (de Naples) à Leibniz : il vient de rece­voir de Schuller un manus­crit du TIE.

avril : réponse de Leibniz : "là où mon attente était la plus vive, l’oeuvre s’inter­rompt".

Même année : un frag­ment de Tschirnhaus sur ses pre­miè­res dis­cus­sions avec Spinoza au sujet de Descartes [F p.208] .

Traduction Saint-Glain du TTP, sous trois titres : La Clef du Sanctuaire ; Réflexions curieu­ses… ; Traité des Cérémonies super­sti­tieu­ses des Juifs tant Anciens que Modernes (C’est la pre­mière fois que sont publiées des Annotations au TTP).

Kerckrinck est à Hambourg, avec sa femme Claire Marie van den Enden : il occupe un poste diplo­ma­ti­que au ser­vice du duc de Toscane, obtenu sur la recom­man­da­tion de Stenon.

Pierre de Villemandy, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie à l’aca­dé­mie de Saumur : Manuductio ad Philosophiam Aristoteleam, Epicuream et car­te­sia­nam, Saumur.